La Sorcellerie : définition

 Source:Wikipédia-La Sorcellerie

La sorcellerie désigne souvent la pratique d’une certaine forme de magie, souvent considérée comme la plus inférieure, et dans laquelle le sorcier établit une communication avec des « entités » de caractère démoniaque. Selon les cultures, la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de soupçon voire d’hostilité, parfois avec ambivalence, n’étant intrinsèquement ni bonne ni mauvaise. Certaines doctrines religieuses considèrent toute forme de magie comme de la sorcellerie, la proscrivent ou la placent au rang de la superstition. Elles opposent le caractère sacré de leurs propres rituels aux pratiques de la sorcellerie.

La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe. Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Chaque société possède ses propres conceptions en matière de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à l’au-delà et à la mort et d’esprits bons ou mauvais ; il est parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.

Ce terme est également employé de façon péjorative en référence à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette acception, l’accusation portée à l’encontre de ceux qui utilisent des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie se sont rencontrées dans la plupart des sociétés humaines. De telles accusations ont parfois mené à des chasses aux sorcières.Dans d’autres sociétés, les chamans ou les griots étaient non seulement bien acceptés en tant que praticiens des rituels traditionnels et d’intercesseurs avec les forces et les énergies de l’invisible, mais respectées, parfois craints, et souvent placés en positions socialement dominantes.

Pour les religions monothéistes (principalement le judaïsme, le christianisme et l’islam), la sorcellerie fut souvent condamnée et considérée comme une hérésie. La notion de sorcellerie prit une grande importance pour les catholiques et les protestants à la fin du Moyen Âge. À cette époque la sorcellerie a progressivement été assimilée à une forme de culte du Diable. Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment combinées à d’autres charges d’hérésie contre des groupes tels que les Cathares et les Vaudois. Certains groupes anciens ou modernes se sont parfois plus ou moins ouvertement réclamés d’un culte « sataniste » dédié au mal.

Etymologie :

Deux origines possibles sont retenues concernant le mot sorcellerie. Certains affirment qu’il dérive de sourcier et d’autres affirment qu’il dérive du mot sort, maléfice lancé par un « jeteur de sorts ».

  • La traduction allemande est « Hexe » dérivée du vieil allemand « Hagazussa », c’est-à-dire Zaunreiterin « femme qui monte un Balai », d’où l’image traditionnelle de la sorcière en train de voler sur son Besom (mot désignant le balai).
  • En espagnol, « bruja » provient du terme ibère bruixa, et plus précisément du galicien bruxa.
  • Le mot anglais « witchcraft » est directement dérivé du vieil anglais wicca (homme chaman) et/ou wik (femme chaman). D’autres pensent que la racine commune à Witchcraft et wicca et wik serait Wit, qui désignerait la connaissance / sagesse en très vieil anglais. En réalité, sorcellerie en anglais ancien se dit wiccacraeft (d’où le terme actuel witchcraft et wicca est le masculin de sorcier (le féminin étant wicce et le pluriel wiccan). Ces mots dérivent du verbe wiccian qui signifie ensorceler, pratiquer la magie.

Les sorciers :

Selon l’acception générale et populaire du terme, le sorcier est un jeteur de sort, recourant à la magie noire et/ou blanche. Il peut être « spécialiste » d’un domaine, telle la communication avec les esprits, généralement de défunts (on parle alors plus volontiers de mage ou de voyant), ou l’animation d’êtres morts (nécromancien).

Du point de vue anthropologique, le mot sorcier peut recouvrir différentes fonctions comme chaman ou homme-médecine.

C’est aussi un personnage maléfique présent dans les contes et les légendes. Il figure désormais dans l’univers du jeu de rôles, dans l’univers de Terry Pratchett et autres, plus fantastiques, tels qu’Harry Potter.

Les Sorcières :

La sorcellerie désigne tout ce qui est considéré comme surnaturel sans appartenir à la religion officielle ou tout ce qui est relatif au mal dans ces mêmes religions. Il apparait que dans les mythologies des premières sociétés humaines (société matriarcale), la femme avait un rôle important. La religion ancienne devenant le diable de la nouvelle, le christianisme associa souvent les femmes à des rôles maléfiques telles les parques de la mythologie gréco-romaine ou encore Ève dans le mythe d’Adam et Ève, qui s’allie au serpent (agent du mal), pour plonger l’homme dans sa triste condition. Ceci explique partiellement le rôle prépondérant des sorcières à celui des sorciers dans les mythes populaires européens.

Volant dans les airs à califourchon sur son manche à balai, ainsi est représentée la sorcière dans l’iconographie populaire occidentale. Antithèse de la fée, elle a les mêmes fonctions que le sorcier, tant en anthropologie que dans les contes et légendes.

Les pratiques considérées comme de la sorcelerie :

Le terme sorcellerie est communément appliqué aux pratiques visant à influencer le corps ou l’esprit d’une personne, pratiques jugées subversives, mettant en péril l’ordre social.

Certains, comme les néo-païens, considèrent la nature maléfique de la sorcellerie comme étant une projection chrétienne. Cependant, le concept de « praticien de la magie » influençant le corps ou l’esprit d’autrui contre son gré était présent au sein de nombreuses cultures avant même l’introduction du monothéisme. En effet, de vieilles traditions de « magie blanche » ou religieuses avaient déjà pour but d’identifier ou de contrer ces praticiens. Beaucoup d’exemples de ce type peuvent être trouvés dans les textes anciens provenant d’Égypte et de Babylone. Dans les cultures où l’on croit que le sorcier a le pouvoir d’influencer le corps ou l’esprit d’autrui, il apparaît une cause crédible de maladie (chez l’homme ou l’animal), de malchance, de mort soudaine, d’impuissance ou maux divers dont l’origine paraît inexplicable. Une magie folklorique bénigne et socialement plus acceptable peut alors être utilisée pour remédier au sortilège, ou identifier le sorcier à l’origine du mal afin de s’en défendre ou d’en défaire l’enchantement.

Plusieurs pratiques magiques sont assimilées à la sorcellerie, de telle sorte que les personnes qui les utilisent ont été considérées comme des sorciers par les occidentaux, indépendamment de la culture dans laquelle ces pratiques sont en usage. Une des pratiques les plus connues consiste à fabriquer une poupée en argile, en cire ou en chiffons à l’effigie de personnes réelles et les actions qui sont effectuées sur ces poupées sont censées être transférées aux sujets qu’elles représentent (‘poupée vaudou‘ dans le vocabulaire courant, dénommée dagyde en occultisme).

 

La nécromancie, consistant à demander à l’âme d’un mort de révéler l’avenir, est également considérée comme une pratique typique de la sorcellerie. La sorcière biblique d’Endor est censée l’avoir pratiquée en faisant apparaître le spectre de Samuel (ou du diable métamorphosé en Samuel) à Saül.

Les croyances traditionnelles et populaires attribuent divers types de pouvoirs (acquis par contrat démoniaque dans la tradition chrétienne et monothéiste plus généralement) ont été prêtés aux sorciers : voler dans les airs, tourmenter l’esprit de leurs victimes. Les lutins, dans l’univers des contes, peuvent leur servir d’auxiliaires. Certaines pratiques considérées comme subversives ou abusives et parfois criminelles tombent sous le coup de la loi.

Croyances anciennes du Proche et Moyen-Orient :

 Comme le montrent certains textes antiques, la sorcellerie a joué un rôle aussi bien dans l’Égypte ancienne qu’en Mésopotamie, comme à Babylone. Cet extrait du Code d’Hammourabi (environ 2000 Avant J.-C.) : « si un homme en accuse un autre de sorcellerie, sans justification, celui qui est accusé doit aller à la Rivière Sainte ; Il doit plonger dedans, et si la Rivière Sainte le vainc, l’accusateur pourra prendre la maison du sorcier pour sienne » en témoigne.

La sorcellerie dans le Tanakh (Bible hébraïque, Ancien Testament) :

Dans la Bible, les références à la sorcellerie sont nombreuses ; les fermes condamnation de la pratique n’y sont pas tant basées sur la suspicion de supercherie, mais bien sur la notion que la magie en elle-même est une pratique abominable. (cf. Deutéronome 18:10–11 « Qu’on ne trouve chez toi personne (…) qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. », Exode 22:18, « Tu ne laisseras point vivre la magicienne. »).

Le récit de Saul rendant visite au sorcier de En Dor (I Samuel 28) nous montre qu’il croit fermement en l’évocation, par le sorcier, de l’ombre de Samuel. Enfin, d’après le Lévitique 20:27, « Si un homme ou une femme ont en eux l’esprit d’un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux. »

La sorcellerie dans le Nouveau Testament

L’interdiction de la sorcellerie dans le Nouveau Testament semble similaire (Épître aux Galates 5:20, comparé à Apocalypse 21:8, 22:15 et Actes des Apôtres 8:9, 13:6).

À supposer que la croyance en la sorcellerie relevait de la superstition populaire, il est étrange de ne rien trouver suggérant que l’aspect maléfique de ces pratiques ne reposait que sur le fait de prétendre être en possession de pouvoirs qui n’existent pas.

Quelques interrogations s’élèvent de nos jours, quant à savoir si le mot pharmakeia, utilisé dans l’Épître aux Galates, trouve une traduction juste avec le terme « sorcellerie ». En effet, ce terme était communément utilisé pour parler de l’usage maléfique de drogues comme les poisons, les contraceptifs ou les substances permettant d’interrompre les grossesses.

La Sorcellerie Selon le Judaïsme :

Les juifs ont souvent été perçus comme sorciers dans l’Europe du Moyen Âge, et persécutés à ce titre durant les siècles de chasse aux sorcières. Mais la grande majorité d’entre eux, perçoivent la pratique de la sorcellerie comme une forme d’idolâtrie, et donc une offense au judaïsme et à son Dieu.

Cependant, un petit groupe de juifs orthodoxes, qui étudient la Kabbale, croit en la magie. Dans la pratique, les rituels sont très différents de la sorcellerie « traditionnelle », mais le fondement (utiliser des forces surnaturelles pour influer sur le monde physique) reste identique. Depuis le siècle des Lumières, la plupart des juifs ont cessé de croire en la Kabbale, et considèrent ces pratiques comme ridicules.

Certains néopaïens pratiquent une forme de magie, syncrétisme du mysticisme juif classique et de sorcellerie moderne. Une référence notable de ce sujet est le livre d’Ellen Cannon Reed : The Witches Qabala: The Pagan Pat hand the Tree of Life. Ce livre ainsi que le Zohar ont été une source d’inspiration pour plusieurs sectes comme par exemple le centre de la Kabbale.

La sorcellerie selon l’Islam :

L’islam reconnaît la réalité de la magie ou sorcellerie (Sihr ), de la voyance, de la divination et de l’astrologie qu’il interdit formellement (Coran, 2 : 102). Il les juge maléfiques. Les sorciers et les devins sont accusés de renier Dieu, nier son unicité (tawhid ) et ses attributs, ces pratiques sont considérées comme des pêchés majeurs relevant de l’associationnisme (shirk ) et de la mécréance (kûfr ). La loi islamique ( charia ) condamne les sorciers à la peine de mort , bien que leur sincère repentir peut-être accepté dans certains cas et sous certaines conditions. L’astrologie, la voyance, la tarologie … font partie intégrante de la sorcellerie selon le hadith qui dit que « Quiconque apprend une part d’astrologie a acquis une part de la sorcellerie; sa part de celle-ci augmente suivant ce qu’il acquiert de celle-là » (rapporté par Abou Dawoud).

La pratique en elle-même est semblable à celle en usage dans d’autres cultures. Elle s’apparente à des rites occultes et sataniques, elle consiste en des offrandes et des sacrifices d’animaux destinés au démon, à l’utilisation d’amulettes protectrices, de pentagrammes et d’incantations inintelligibles. Le sorcier se mettant sous l’égide du diable et des démons, fait appel à des forces du monde de l‘invisible (Alam al ghayb ) tels que les mauvais génies afin de lancer ses sortilèges jusqu’à semer la désunion entre l’homme et son épouse.

« Or, il y avait des mâles parmi les humains qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’accroître leur détresse. » (Coran, 72 : 6)

Ces sorts qui sont accusés de graves troubles d’ordre psychologique, psychique, physique, relationnel et émotionnel ne peuvent être annulés qu’à l’aide d’une ruqya (lecture du Coran) tel que le recommande la sunna et le Coran .

« Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes. » (Coran, 17 : 82).

De nos jours, ces pratiques subsistent encore principalement en raison de rituels antéislamiques qui imprègnent encore certaines croyances.

La Sorcellerie Africaine :

Le continent africain recueille un large éventail de religions traditionnelles. Le terme de guérisseur, souvent proposé pour traduire inyanga, a été mal interprété, et est devenu « celui qui soigne en ayant recours à la magie », loin de son sens originel de « celui qui diagnostique et soigne les maux causés par la magie ».

Les combinaisons de croyances et pratiques de l’Église catholique romaine et des traditions, croyances et pratiques religieuses ouest-africaines ont directement contribué à l’émergence du syncrétisme religieux que l’on remarque en Amérique latine, avec des pratiques, entre autres, comme le Vaudou, l’Obeah, le Candomblé ou la Santeria.

Dans les traditions sud-africaines, il y a trois différents types de personne qui pratiquent la magie. La thakatha est habituellement traduit comme la « sorcière », et est considérée comme un personnage malveillant qui pratique secrètement afin de nuire à autrui. Le sangoma est un devin, parfois un diseur de bonne aventure, dont les services sont requis pour détecter la maladie, prédire le futur, voire identifier le coupable d’un méfait. Il a également quelques notions de médecine. Enfin, le inyanga est souvent traduit par le terme guérisseur (bien que de nombreux Sud-Africains remettent en cause cette traduction, puisqu’elle perpétue l’idée erronée d’un guérisseur recourant à la magie). La tâche du inyanga est de conjurer le mauvais sort et de fournir à ses clients les gris-gris nécessaires. Parmi ces trois personnages, la thakatha est presque toujours femme, le sangoma est habituellement une femme, tandis que le inyanga est presque toujours un homme.

Répressions de la sorcellerie :

De nombreux pays, notamment en Afrique, punissent les pratiques de sorcelleries.

La sorcellerie au Cameroun :

Le code pénal, dans son article 251, réprime les pratiques de sorcellerie :

« Est puni d’un emprisonnement de deux à dix ans et d’une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination susceptibles de troubler l’ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d’autrui même sous forme de rétribution. »

Films, Séries et Dessins Animés en rapport avec la sorcellerie

Bibliographie

 

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